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La vitesse



Fiche 3.1.4 La vitesse

-  Limitation de vitesses respectée, sécurité pour tous
-  Ralentissez et sauvez des vies
-  La vitesse augmente la violence des chocs
-  La vitesse réduit l’adhérence du véhicule
-  La vitesse augmente la distance d’arrêt
-  La vitesse diminue le champ de vision
-  La vitesse rend impossible certaines manœuvres d’urgence
-  Les zones à risque
-  Testez vous !
-  Les sanctions

- Limitation de vitesses respectée, sécurité pour tous

En ville, dans les districts, sur les routes de dégagement (RDO et RDP), à proximité des écoles, des chantiers, ou sur tout le réseau routier d’une île, les limites de vitesse (30, 40, 50, 60, 80 ou 90 km/h) ne sont pas fixées de façon arbitraire. Elles sont établies pour garantir la sécurité de tous les usagers de la route en fonction des limites physiologiques humaines (perception visuelle, temps de réaction, etc.) et des lois de la physique (distances d’arrêt, vitesse, etc).

En 2008, en Polynésie française, la vitesse excessive faisait partie des 48% des causes d’accidents dues au non respect des règles de conduite.
Ces mesures visent à réduire au minimum les risques encourus par l’ensemble des usagers, notamment les plus vulnérables, comme les piétons et les cyclistes.

Notez qu’en tout temps, la vitesse maximale fixée n’est autorisée que si les conditions de circulation le permettent. Le conducteur doit rester maître de son véhicule et adapter sa vitesse en fonction de l’état de la chaussée, des conditions climatiques (pluie, vent, soleil en face, etc.), des difficultés de la circulation et des obstacles prévisibles.

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- Ralentissez et sauvez des vies

On a une belle et puissante voiture et l’on se croit bon conducteur, on peut donc se permettre de rouler plus vite sans augmenter les risques d’accidents. Ou alors le temps presse, on est en retard pour déposer les enfants à la l’école, on appuie sur la pédale d’accélérateur, et dépasser de 10 km/h la vitesse réglementée, c’est pas si grave…

Pourtant, même un excellent conducteur, avec un excellent véhicule, n’échappe pas aux lois de la physique. Quoi qu’on en dise, quand la vitesse augmente, la fréquence et la gravité des accidents augmentent aussi.

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- La vitesse augmente la distance d’arrêt

Un automobiliste perçoit un obstacle sur sa route. Le temps de réagir, il appuiera sur la pédale de frein et parcourra une certaine distance avant d’immobiliser son véhicule.

C’est ce qu’on appelle la distance d’arrêt.

La distance d’arrêt dépend du temps de réaction et du temps de freinage.

Pendant le temps de réaction, c’est-à-dire le moment entre lequel le conducteur prend la décision de freiner et celui où il aura appuyé sur la pédale de frein, le véhicule aura parcouru une certaine distance.

En moyenne, le temps de réaction est d’environ 1,3 seconde. Plus la vitesse du véhicule est grande, plus la distance parcourue pendant ce temps de réaction sera longue.

Pendant le temps de freinage, le conducteur freine jusqu’à l’immobilisation de son véhicule. Plus la vitesse de départ du véhicule est élevée, plus la distance qu’il parcourra durant ce temps sera longue. L’usure des freins et des pneus, le poids du véhicule ainsi que le mauvais état de la chaussée sont autant d’éléments qui peuvent aussi contribuer à augmenter la distance de freinage.

Contrairement aux idées reçues, le système de freinage antiblocage (ABS) ne réduit pas la distance d’arrêt. Sur une chaussée sèche ou mouillée, la distance de freinage de l’ABS est à peu près le même qu’avec des freins conventionnels. Par contre, sur le gravier ou la boue, la distance d’arrêt des freins ABS est plus longue que celle de freins conventionnels.

L’augmentation de la distance d’arrêt n’est pas linéaire. Comme on peut le constater, elle fait plus que doubler entre 30 et 60 km/h et elle est presque triplée entre 60 et 90 km/h.

C’est principalement pour cette raison que la vitesse augmente la fréquence des accidents.

Respectez toujours les distances de sécurité, plus vous roulez vite, plus l’espace entre votre véhicule et celui qui vous précède doit être grande !

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- La vitesse augmente la violence des chocs

La vitesse augmente considérablement la gravité des blessures en cas d’accident. Ainsi, le risque d’être gravement blessé ou tué lors d’un impact double entre 50 et 70 km/h et quadruple entre 70 et 90 km/h.

Lors d’une collision, le véhicule décélère brusquement alors que les passagers sont projetés violemment vers le point d’impact. C’est l’énergie dégagée lors de l’impact qui provoque les blessures.

L’énergie cinétique est égale à 1/2 fois la masse du véhicule multipliée par sa vitesse au carré (EC = 1/2 mv2). Comme l’exprime très bien cette équation, la violence du choc, ou l’énergie dégagée, est grandement influencée par le poids mais surtout par la vitesse du véhicule.

- Un choc à 50 km/h équivaut à une chute dans le vide du haut d’un édifice de 3 étages.
- À 75 km/h, il équivaut à une chute d’un édifice de 7 étages.
- À 100 km/h, on le compare à une chute de 12 étages.

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- La vitesse réduit l’adhérence du véhicule

Un automobiliste roulant à grande vitesse court plus de risques de perdre la maîtrise de son véhicule dans les courbes à cause de la force centrifuge.

À vitesse élevée, le véhicule adhère moins à la route et les risques de dérapage sont plus grands. En effet, dès le début du virage, les pneus s’écrasent, les ressorts fléchissent et la suspension du véhicule l’empêche d’être tiré vers l’extérieur de la route.

Si la vitesse est trop élevée, la force centrifuge devient plus grande que la force de friction des pneus et le véhicule dérape ou se renverse.

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- La vitesse diminue le champ de vision

Un conducteur immobilisé ou roulant à vitesse très faible possède normalement un champ visuel de 180°.

À 90 km/h, le champ visuel est réduit de moitié parce que le cerveau humain peut seulement traiter un nombre limité d’informations à la fois.

Or, plus la vitesse du véhicule est élevée et plus le cerveau reçoit d’informations. Il est donc forcé d’éliminer plusieurs données périphériques.

Ainsi, un automobiliste qui roule à vive allure risque de ne pas apercevoir l’enfant qui s’apprête à traverser la rue ou l’automobile qui surgit à une intersection.

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- La vitesse rend impossible certaines manœuvres d’urgence

Un véhicule de tourisme, et à plus forte raison un camion, ne peut instantanément s’arrêter sur place, ni faire un changement de direction à 90°. Or, quand la vitesse augmente, les trajectoires possibles pour éviter un obstacle, un cycliste par exemple, sont réduites de beaucoup.

La voiture A circule moins vite que la voiture B

Les camions sont plus difficiles à manœuvrer et plus lents à réagir que les automobiles parce qu’ils sont plus gros et plus lourds. Pour freiner, le camion a besoin de plus de temps et d’espace que l’automobile.

Plus de 90 % des décisions du conducteur sont basées sur ce qu’il voit. 10 km/h de moins peuvent faire toute une différence.

Voici un exemple concret des effets de la vitesse qui devrait vous faire réfléchir.

Un conducteur roulant à 50 km/h aperçoit un piéton... Il pourra réagir, freiner et s’arrêter à temps s’il en est éloigné d’au moins 31,2 mètres. Cela, avec un temps de réaction de 1,3 seconde, dans des conditions normales sur une chaussée sèche.

Reprenons le même exemple, mais avec 10 km/h de plus.

Si le piéton est toujours à 31,2 mètres lorsque l’automobiliste l’aperçoit en roulant alors à 60 km/h il freine, sa voiture ralentit mais, au moment du choc avec le piéton, il roule encore à 42 km/h. À cette vitesse, le piéton sera presque certainement invalide pour le reste de ses jours et peut-être même mort.

10 km/h de moins et il rentrait chez lui indemne...

Quelques km/h de moins peuvent parfois faire la différence entre la vie et la mort.

Selon certaines études, une diminution de 3 km/h de la vitesse moyenne de la circulation permettrait de réduire annuellement de 15 % le nombre de blessés et de décès.

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- Des zones à risque

Les zones de 30-60 km/h et de 90 km/h sont les zones où le risque d’avoir un accident de la route est le plus élevé.

Zones de 30-60 km/h

C’est dans ces zones qu’il y a le plus grand nombre d’accidents avec blessés graves ou blessés légers.

Les risques d’accidents peuvent augmenter selon le milieu environnant et la cohabitation avec les autres usagers de la route.

Sur une distance de 10 kilomètres, un conducteur qui roule à 70 km/h au lieu de 60 km/h ne gagne que 2 minutes tout au plus. La vitesse n’en vaut donc pas vraiment le coup ! De plus, si l’on tient compte des feux de circulation, la plupart du temps, les gains sont nuls. Combien de fois nous faisons-nous doubler par un conducteur pressé pour nous retrouver à côté de lui à un feu rouge quelques instants plus tard ?

Zones de 90 km/h

C’est dans ces zones que se produit le plus grand nombre d’accidents mortels.

Dans les zones de 90 km/h, c’est surtout la violence des impacts qui rend les accidents plus meurtriers : on y roule vite et la circulation y est dense, avec parfois des zones de visibilité réduite.

Bref, les zones de 90 km/h sont des zones où tout peut arriver ! Il faut s’en souvenir lorsqu’on emprunte ces routes ! Il faut aussi se rappeler que le temps gagné en roulant plus vite que les limites ne le permettent n’en vaut nullement la peine quand on pense aux risques d’accidents que l’on court. En effet, sur une distance de 30 kilomètres, un conducteur qui roule à 110 km/h dans une zone de 90 km/h ne gagne pas plus de 4 minutes.

Le respect des limites de vitesse, ce n’est pas banal.

C’est plus qu’une amende qui est en jeu. C’est sa vie et celle des autres dont il est question.

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- Testez-vous !

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- Les sanctions

INFRACTIONSCLASSEAMENDE FORFAITAIREAMENDE MAJOREE
Défaut de maîtrise de la vitesse et manque de prudence pour un conducteur d’un véhicule sans moteur ou d’animaux dans les cas prévus à l’article 19 du code de la route polynésien C2 4.150XFP 8.900XFP
Non-respect des distances de sécurité en fonction de la vitesse pour pouvoir éviter une collision en cas de ralentissement brusque ou d’arrêt soudain du véhicule qui précède C3 8.100XFP 21.450XFP
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- Dépassement de la vitesse maximale autorisée

- Non-respect des intervalles de 50 mètres, hors agglomérations, par les véhicules ou ensemble de véhicules dont le PTAC est supérieur à 3,5 tonnes ou d’une longueur supérieure à 7 mètres

- Défaut de maîtrise de la vitesse et manque de prudence pour un conducteur d’un véhicule à moteur dans les cas prévus à l’article 19 du code de la route polynésien (signalisation particulière, signalisation école, virage, quand la voie n’est pas libre …)

- Non-respect de la réduction de moitié de la vitesse maximale autorisée en cas de croisement ou dépassement d’une troupe d’enfants ou d’adolescents en marche

- Non-respect de la réduction de la vitesse obligatoire par temps de pluie : moins de 20 km/h pour vitesse supérieure à 60km/h et moins de 10 km/h pour vitesse inférieure ou égale à 60 km/h

- Non-respect de la vitesse signalée par des panneaux provisoires " travaux" ou "route déformée"

- Circulation à une vitesse anormalement réduite
C4 16.100XFP 44.700XFP

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